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Statines et radeaux lipidiques .
La multiplicité des effets thérapeutiques des statines suggère un effet
thérapeutique très en amont et portant sur un mécanisme commun qui serait lié à
leur capacité à diminuer les taux de cholestérol. On sait que celui-ci est un
composant important des membranes cellulaires et en particulier des « radeaux
lipidiques » ou « lipid rafts » de la membrane.
Ces microstructures sont en fait de micro-domaines fonctionnels riches en
cholestérol et capables de se comporter comme des glaçons dans un verre d’eau…
Les radeaux, mobiles à la surface des membranes cellulaires, permettent grâce à
leur richesse en cholestérol une mobilité importante à la surface de la
membrane. Ces radeaux comportent, outre du cholestérol, des molécules de
signalisation qui ont besoin de se regrouper pour transmettre leur signal. On
peut admettre qui si l’on diminue le cholestérol on réduit la mobilité des
radeaux donc leur capacité à transmettre une réponse, une signalisation etc etc…
De nombreux travaux portant sur la composition des membranes cellulaires ont
démontré qu’une grande partie des effets thérapeutiques des statines passe par
cet effet sur les radeaux lipidiques. Ce mode d’action est donc un effet «
mécanique ».
A côté de cet effet mécanique il a été démontré récemment que les statines
étaient capables de bloquer d’autres fonctions lipidiques essentielles. Le rôle
de l’HAMGCoA est de fabriquer des lipides, si on diminue la production de
lipides endogènes, on va aussi modifier certaines voies métaboliques alimentées
par la voie de HMGCoA, et en particulier les voies dites d’isoprénylation, de
farnésylation et de géranylfarnéssylation. Ces voies aux noms exotiques ne
signifient pas grand chose pour le clinicien mais ont, pour le biochimiste, une
valeur inestimable, elles sont en effet directement impliquée dans la «
lipidation » de certaines protéines membranaires dont la fonction n’est plus
assu