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Statines et polyarthrite rhumatoïde.
Les effets bénéfiques des statines au cours de la PR font l’objet de
multiples travaux orientés dans deux directions en fait liées étroitement : les
statines modifient « l’état inflammatoire » donc l’activité de la maladie mais
sont aussi capables de réduire le risque cardio-vasculaire des patients. Deux
exemples pour illustrer ces avancées.
L’étude TARA a étudié un groupe de 116 PR randomisés pour recevoir soit 40 mg
par jour d’atorvastatine soit un placebo, en plus de leur traitement
antirhumatismal de fond qui n’était pas modifié, puis ces patients ont été
suivis pendant 6 mois. Un suivi régulier des paramètres lipidiques mais aussi
des marqueurs biologiques de l’inflammation et des indices d’activité de la
polyarthrite a été réalisé. Les deux co-critères primaires d’évaluation étaient
les indices d’activité DAS et EULAR. L’analyse fut faite en intention de
traiter.
Après 6 mois de traitement, le groupe de patients traités par atorvastatine
s’améliorait de façon significative avec une baisse du DAS de –0,5 point (IC 95%
–0,75 à –0,25) par rapport au placebo dont la valeur moyenne du DAS augmente de
0,03 point (IC 95% –0,23 à 0,28) avec une différence entre les deux groupes de
–0,52 point (IC 95%, -0,87 à-0,17 ; p=0,004).
Une réponse (selon les critères du DAS) fut notée chez 18 des 58 (31%) des
patients sous atorvastatine contre 6 des 58 (10%) des patients recevant un
placebo (OR 3,9 ; IC 95% 1,42-10,72, p=0·006).
Les taux de la CRP et de la vitesse de sédimentation ont diminué de 50 et 28%
respectivement par comparaison au groupe placebo (p<0,0001 et p=0,005,
respectivement).
Le nombre d’articulations gonflées a aussi été réduit avec une baisse moyenne de
-2·69 dans le groupe traité contre –0,53 dans le groupe placebo (différence
moyenne de –2, 16 ; IC 95% -3,67 à –0,64 ; p=0,0058). La tolérance fut bonne
avec un nombre d’effets secondaires identique en nombre et en genre dans les
deux groupes traités.
Ce travail démontre que les statines ont, en plus de leur propriétés
hypolipémiantes, une activité anti-inflammatoire certes modeste mais mesurable
au plan clinique et biologique. Cet effet est probablement important à terme
compte tenu de la gravité des atteintes vasculaires de ces malades, mais son
influence sur la morbidité et la mortalité cardiovasculaire reste à déterminer.
Un travail récent à analysé spécifiquement l’action des statines sur la paroi
artérielle des patients souffrant de PR. Les auteurs ont donc évalué les effets
de l’atorvastatine sur la paroi vasculaire et sa réponse fonctionnelle chez 29
patients souffrant de PR. Ces patients ont un âge moyen de 55 ans et une maladie
qui est considérée comme modérément active depuis 13 ans en moyenne. Ils sont
traités par l’atorvastatine à la dose de 20 mg par jour pendant 12 semaines. Les
paramètres suivants : bilan lipidique, marqueurs de l’inflammation, score
d’activité de la PR, réponse vasculaire (constriction/relaxation) sont étudiés
avant et après le traitement. On note une amélioration significative de la
réponse vasculaire (mesure échographique), l’index de mesure de la raideur
passant de 34,1 à 29,9 unités (p = 0.0002), la plus forte amélioration étant
observée chez les sujets avec le plus haut score d’activité de la maladie (r =
–0.5, p = 0.007). Le bilan lipidique montre une baisse du cholestérol total de
5,5 à 3,9 mmol/l et du LDL cholestérol de 3.3 à 1.9 mmol/l, (p = 0.0001 dans les
deux cas). Par contre les marqueurs biologiques de l’inflammation demeurent
inchangés durant cette période
Pour les auteurs, l’atorvastatine est capable de réduire significativement la
raideur de la paroi vasculaire qui est un des tout premier signe de l’athérome
au cours de la PR. Ce travail est un argument supplémentaire, s’il en était
besoin, pour traiter systématiquement et agressivement nos patients afin de
réduire le risque athéromateux, qui à ce jour est la principale cause de la
surmortalité de la PR
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